« Mes filles sont en vie », assure la mère pourtant jugée pour meurtre dans le Gers

Gers : « Mes filles sont en vie », assure la mère pourtant jugée pour meurtre

justiceAlors que le corps de ses filles n’a jamais été retrouvé, l’analyse d’une tache brunâtre dans leur chambre devient un élément central au deuxième jour du procès en appel de Naïma Bel Allam
20 Minutes avec AFP

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Le procès en appel de Naïma Bel Allam, accusée d’avoir tué ses deux filles, Nawel et Inès, âgées de 12 et 13 ans, se poursuit devant la cour d’assises du Gers. Mardi, les débats ont porté sur une tache brunâtre d’un mètre de long, retrouvée dans la chambre des adolescentes disparues en décembre 2016 à Nérac, dans le Lot-et-Garonne.

Cette trace, analysée en 2018, contient l’ADN des deux filles, mais aucune preuve formelle de présence de sang n’a pu être établie, probablement en raison d’un nettoyage intensif avec des produits ménagers, dont de la Javel.

« J’ai fait une connerie »

Sous les lattes du parquet, une autre tache analysée par les experts de la gendarmerie évoque une possible présence de sang mélangée à d’autres liquides. L’ADN d’Inès, la fille aînée, et celui d’une ancienne locataire y ont été retrouvés. L’avocat de la défense rappelle que les adolescentes étaient polyhandicapées et se déplaçaient « sur les fesses », se blessant fréquemment.

L’ordinateur de Naïma Bel Allam contenait de nombreuses recherches sur des disparitions de mineures ou des fichiers Interpol, selon un expert informatique. Enregistrée lors d’une conversation avec sa sœur, une écoute téléphonique l’entend déclarer : « J’ai fait une connerie […] je regrette mon geste. » Mais l’accusée âgée de 57 ans nie tout acte criminel. À la barre, elle maintient : « Mes filles sont en vie. »

Une enquête toujours sans corps

Initialement poursuivie pour délaissement de mineures, Naïma Bel Allam a été mise en examen pour homicides volontaires aggravés en 2018, après l’analyse des traces ADN. En juin 2024, elle avait été condamnée à quatorze ans de prison en première instance.

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