Les menaces de Trump contre la Russie font flamber le prix du pétrole

Etats-Unis : Les menaces de Trump contre la Russie font flamber le prix du pétrole

bluffLes cours du pétrole ont bondi lundi, portés par les menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les exportations russes, faute d’avancée sur un cessez-le-feu en Ukraine. Le marché s’inquiète d’une réduction de l’offre mondiale
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Donald Trump menace d’imposer des droits de douane secondaires sur les exportations russes de pétrole, déclarant : « Si la Russie et moi ne sommes pas capables de parvenir à un accord pour mettre un terme au bain de sang […], je vais imposer des droits de douane secondaires sur tout le pétrole qui sort de Russie ».
  • Cette menace, ainsi que l’avertissement de Trump à l’Iran concernant des « bombardements » potentiels, ont provoqué une hausse des cours du pétrole, le Brent grimpant de 1,51 % et le WTI de 3,06 %.
  • Malgré ces tensions géopolitiques, certains analystes estiment que l’impact à long terme sur les prix du pétrole pourrait être limité, Rob Thummel affirmant : « Ce sera difficile d’éliminer l’offre russe du marché. »

Les cours du pétrole ont bondi ce lundi, alimentés par une nouvelle escalade verbale de Donald Trump. Le président américain a menacé d’imposer des droits de douane secondaires sur les exportations russes de pétrole, faute d’accord avec Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

« Si la Russie et moi ne sommes pas capables de parvenir à un accord pour mettre un terme au bain de sang […], je vais imposer des droits de douane secondaires sur tout le pétrole qui sort de Russie », a-t-il déclaré. Une surtaxe de 25 % pourrait s’appliquer « à n’importe quel moment », a-t-il précisé. Le marché a immédiatement réagi. Le baril de Brent a grimpé de 1,51 % à 74,74 dollars, et le WTI américain a gagné 3,06 % à 71,48 dollars pour les livraisons de mai.

Un levier économique contre Moscou

Cette menace s’inscrit dans une stratégie plus large de la Maison-Blanche, visant à resserrer l’étau économique sur Moscou, plus de trois ans après le début de la guerre en Ukraine. « On s’interroge sur la possibilité que cela réduise l’offre d’un des plus grands producteurs au monde », note un analyste cité par l’AFP.

Malgré les sanctions, la Russie reste le second producteur mondial de pétrole, derrière les États-Unis. Elle parvient toujours à écouler sa production, notamment en Asie, contournant ainsi partiellement les sanctions occidentales.

Un deuxième front avec l’Iran

La nervosité des marchés a aussi été renforcée par une autre déclaration de Donald Trump, visant cette fois l’Iran. Le président américain a averti que Téhéran s’exposerait à des « bombardements » en cas d’échec des négociations sur le nucléaire. Un avertissement qui pèse dans un climat déjà tendu, alors que l’Iran fait partie des principaux producteurs de pétrole au monde.

Notre dossier sur la guerre en Ukraine

Malgré ce regain de tension, certains experts relativisent l’impact à long terme sur les prix. « Ce sera difficile d’éliminer l’offre russe du marché », estime Rob Thummel, analyste chez Tortoise Capital. Selon lui, si les tensions géopolitiques peuvent provoquer des sursauts ponctuels, elles ne devraient pas entraîner de hausse durable des prix.